C’est sans doute le sujet qui prête le plus à sourire dans le domaine de la transition énergétique, c’est pourquoi nous l’avons réservé au mois d’août : les émissions de gaz à effet de serre par les vaches.
Des solutions parfois (très) surprenantes…

vaches et émissions de méthane

Modfos / Shutterstock.com

Pourquoi c’est un sujet important ?
Le méthane est un gaz à effet de serre 23 fois plus puissant que le dioxyde de carbone (CO2).
Heureusement, il subsiste dans l’atmosphère 8 fois moins longtemps que le CO2, ce qui limite son effet dans le temps.

Quel est le phénomène ?
Si la vache, contrairement à l’homme, peut digérer la cellulose de l’herbe, c’est grâce aux bactéries présentes dans l’un de ses quatre estomacs (le rumen).
Lors de la rumination, la fermentation de l’herbe dégage un gaz, le méthane (CH4), qui est ensuite évacué par l’animal.

Certains font observer que le méthane libéré par la digestion des bovins provient de l’herbe, qui est elle-même un piège à carbone (puisque celui-ci est nécessaire à la photosynthèse). Cependant le processus complet revient à capturer du dioxyde de carbone dans l’atmosphère et à le remplacer par du méthane dont l’effet sur le réchauffement est supérieur.

Quelles solutions ?

La réduction de la consommation de viande bovine est une première solution, mais il faut noter que les vaches laitières sont tout autant émettrices de méthane que les races à viande. C’est donc toute la filière bovine qui est concernée, d’autant que près de la moitié de la viande bovine consommée en France provient de vaches laitières réformées !
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Nombreux sont donc ceux qui cherchent à réduire les émissions de méthane de chaque vache.
Il suffit de parcourir l’Internet pour constater que la recherche de compléments alimentaires miracles mobilise les scientifiques :

Depuis 2008, en France, l’INRA explore la piste du lin (qui permet de réduire de 20% les émissions des bovins).

En Suisse, l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) a réduit de 30% à 40% les émissions en ajoutant des tanins au foin et a noté des effets positifs du lin et du fruit de l’arbre à savon.
Dans cet entretien donné à Swissinfo, Daniel Felder, responsable de la stratégie climatique de l’Office fédéral Suisse de l’agriculture (OFAG) indique que quelques pays, dont l’Australie et la Nouvelle Zélande cherchent des vaccins bloquant les bactéries productrices de méthane.

Aux USA, un chercheur de l’université de Pennsylvanie (Alexander Hristov, Penn State University) a démontré que l’ajout d’une molécule à l’alimentation des vaches (le 3-nitrooxypropanol (3-NOP) développé par DSM Nutritional Products qui a financé pour partie l’étude) permettait de réduire de 30% les émissions de méthane. L’étude explique que la molécule bloque une enzyme activant la formation du méthane dans la panse. D’après le scientifique, ce complément alimentaire n’affecterait pas la digestion, ne réduirait pas la quantité de lait produite et conduirait les bovins à prendre plus de poids (leur organisme ayant stocké le carbone…).

Enfin, dernière proposition, la récupération !
En Argentine (notons que l’Argentine possède un cheptel de plus de 50 millions de têtes), le chercheur Guillermo Berra (Institut national de technologie agricole) cherche à collecter les émissions issues de la fermentation des bovins. En récupérant quotidiennement 300 litres de méthane par vache, il envisage des usages autour de l’automobile ou de la réfrigération !