En juin 2015, Bill Gates a annoncé investir 1 milliard de dollars dans la transition énergétique. Il promet d’aller encore plus loin, mais à une condition…

Bill Gates - juillet 2014 - Crédit : Simon Davis / DFID

Bill Gates – juillet 2014 – Crédit : Simon Davis / DFID

Dans les 5 prochaines années, Bill Gates prévoit d’investir un milliard de dollars dans les énergies propres, doublant ainsi son investissement dans ce domaine. Ses principales cibles : le stockage d’électricité, l’énergie solaire et le nucléaire (via Terrapower).

L’investisseur et philanthrope présente sur son blog les trois actions qu’il juge incontournables :

Accompagner les pays en développement :

    Les pays les plus industrialisés doivent réduire leurs propres émissions de CO2, mais aussi accompagner ceux en développement. Cet accompagnement se traduit notamment par un soutien aux populations qui devront surmonter les conséquences du changement climatique malgré leurs faibles ressources (aides aux agriculteurs, déplacement de populations).

Donner de la visibilité aux investisseurs :

    Développer l’attractivité des énergies propres en s’assurant que le prix des énergies fossiles reflète leurs véritables coûts économiques et environnementaux (par exemple au travers d’un prix du carbone). Il s’agit de donner de la visibilité dans la durée aux investisseurs qui développent de nouvelles solutions.

Doubler ou tripler les crédits publics affectés à la recherche :

    La recherche fondamentale dans les énergies propres est insuffisante : il est nécessaire de doubler, voire tripler, les financements octroyés à la recherche publique sur les énergies propres, considérant comme un bien public les résultats dans ce domaine.

 

Sous cette dernière condition, confiant dans la science, certain que les deniers publics permettront des progrès et appelleront de nouveaux capitaux privés, Bill Gates s’engage à accroître encore ses investissements !

Formulé à quelques mois de la COP 21 de Paris, cet appel aux gouvernements à financer l’innovation dans les énergies propres n’est pourtant pas nouveau sous la plume de Bill Gates : en juin 2014, il avait déjà fait le constat de l’insuffisance de la recherche publique.

Toutefois, ce billet soulignait le retard particulier des Etats-Unis dans ce domaine*. Bill Gates alertait déjà sur la nécessité d’investir ce champ rapidement. D’une part pour combattre le phénomène du réchauffement climatique, mais aussi pour que les Etats-Unis ne perdent pas leur leadership économique.

Sa suggestion de l’époque : faire passer de 5 à 16 milliards de dollars le budget fédéral américain de la recherche dans l’énergie.
Une proposition toujours d’actualité.

* D’après l’Agence Internationale de l’Energie, les USA ne consacraient en 2011 que 0,04% du PIB à la recherche dans l’énergie, précédés par la Corée, la France et le Portugal… et loin derrière la Finlande (0,13% du PIB) et la Chine (0,11% du PIB) !